Toutes voiles dehors en Corse

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Visiter la Corse en tant que Valaisanne, c’est un peu retourner à la maison. Tellement de choses nous relient : l’attachement à la terre, les paysages montagneux et…la tête dure aussi. Je découvrais la Corse à 38 ans, alors que de nombreux amis avaient déjà découvert cette île pendant leur enfance (3ème fois pour Benjamin, qui avait travaillé deux saisons là-bas).

Corsica Ferries

Pour l’aller, nous avons choisi la compagnie de bateau la plus connue, Corsica Ferries. Levés aux aurores à Savone en Italie, nous avons roulé en file indienne dans les entrailles du monstre de fer. Les hommes chargés de la circulation sont aussi rustres que ce que les témoignages laissaient entendre. Pas peureux d’être pris en sandwich entre deux voitures, ils font se coller les véhicules comme des sardines. Résultat, certaines personnes doivent attendre que les autres partent pour ouvrir leur portière. A l’aller, le trajet a duré 6h (4h pour le retour vers Livourne). Nous avions réservé les fauteuils à 3 Euros, option que nous recommandons chaleureusement, car pour le voyage du retour, nous étions moins bien lotis sans réservation.

Calvi

Notre première destination, Calvi, est une charmante station balnéaire du Nord-Ouest de l’île, avec une citadelle médiévale qui surmonte la baie. En grimpant dans ses remparts, nous avons trouvé un charmant établissement pour prendre un café, devant la Cathédrale Saint-Baptiste (café « Glacier a Scola »).

Depuis les contreforts de la citadelle, on admire la vue sur le port et la basse-ville. L’offre ne manque pas en termes de restaurants, alignés sur le port.

Depuis notre Airbnb, nous sommes à quelques pas de la plage du Lido. Un bon point pour moi, c’est qu’on a pied très longtemps en marchant dans la mer. Encore mieux, la température de l’eau est tellement bonne que je peux y rentrer sans pousser des cris de détresse 😂. En allant se baigner en fin de journée, nous avons trouvé les plages moins bondées.

Il faut dire que la mi-septembre représente en réalité une diminution de la fréquentation en Corse, la saison basse se situant plutôt en début octobre.

Une fois, alors que je barbote, un cormoran, oiseau marin, passe tranquillement entre un couple de touristes et moi. Il plonge pour trouver des petits poissons argentés dans l’eau. Un poisson se prend même d’affection pour mon mari, et tourne plusieurs fois autour de lui. Benjamin expérimentera, à la plage de Palombaggia, l’attaque de ces mêmes petits poissons lorsqu’il arrête de nager (crime de lèse-majesté).

Île-Rousse

Depuis Calvi, un petit train vous emmène à l’île Rousse en 45 minutes. Ce jour-là, le train était particulièrement bondé. Etant jeunes et bien éduqués, nous avons laissé notre place assise aux aînés. En sortant de la gare, nous pouvons apercevoir le clou du spectacle, l’île de la Pietra, un éperon rocheux qui s’avance dans la mer. C’est très beau de s’y promener et la couleur de l’eau est incroyable.

La ville en elle-même n’est pas très grande, avec de jolies ruelles commerçantes et un marché couvert. En une heure, nous en avons fait le tour.

Porticcio – Ajaccio

Après Calvi, nous avons fait 3 heures de route pour Porticcio, la ville la plus proche d’Ajaccio. Les routes de Corse sont fidèles à leur réputation : sinueuses, avec des vaches au milieu de la route et des conducteurs qui dépassent en toute détente dans les virages (frissons garantis!).

A Porticcio, nous avons un peu sué en découvrant notre Airbnb en haut d’une colline, mais il offrait une vue imprenable sur la baie, ainsi que de beaux couchers de soleil sur les îles sanguinaires.

Pour se rendre à Ajaccio, nous avons emprunté la navette maritime. Il faut bien vérifier les horaires, car les voyages depuis Porticcio ne sont pas très nombreux (tôt le matin, puis en fin de journée). Étonnant que la cadence ne soit pas plus soutenue, au vu de l’engorgement dont la ville semble être victime.

Dans cette ville, nous avons beaucoup aimé le lien avec l’histoire de Napoléon, qui serait né ici. Le Palais Fesch, du nom du Cardinal Joseph Fesch, oncle de Napoléon, renferme une impressionnante collection de tableaux d’art italiens et corses. Un étage est dédié à Napoléon et sa famille.

Avec le billet du musée, nous avons également accès à la Chapelle impériale qui jouxte au palais (1860). Dans un caveau, on découvre les tombeaux où sont enterrés les membres de la famille de Napoléon.

La maison d’enfance de Napoléon

Même si aucune preuve ne l’atteste, Napoléon aurait passé sa jeunesse dans une coquette maison à Ajaccio. Les commerces alentours exploitent le filon, renommant des coupes de glace coupes Napoléon ou Eugénie, son épouse.

Après avoir fait une file d’attente minimale et montré patte blanche à la sécurité, nous déambulons dans cette maison de gens privilégiés. La collection d’objets présentés est certes restreinte, mais cela donne une bonne idée de l’histoire d’Ajaccio et du parcours de Napoléon, qui revint plus tard dans cette maison.

Les îles sanguinaires

Outre la riche histoire de Napoléon, le point d’intérêt principal d’Ajaccio est l’excursion aux îles sanguinaires. Plusieurs alternatives sont possibles : excursion d’une journée (36 Euros par adulte), ou spécial coucher de soleil (70 Euros, repas compris). Si vous ne souhaitez pas prendre le bateau, vous pouvez rouler jusqu’à la pointe de la ville pour admirer les îles au loin.

Juché sur le sommet de la plus grande île, on peut admirer un phare blanc, évoqué par Alphonse Daudet dans les « Lettres de mon moulin ». On découvre aussi des murs, vestiges d’anciens postes sanitaires. En effet, dans les années 1800, des marins venaient sur les îles sanguinaires en quarantaine avant de descendre sur la terre ferme.

Bonifacio — Porto-Vecchio

Après Porticcio, nous avons posé nos valises à Porto-vecchio (Sud-Est de l’île). C’était notre camp de base pour aller visiter également Bonifacio.

En arrivant à cette dernière, on est d’abord surpris par les files de voitures qui cherchent une place de parc. Une fois le Saint-Graal décroché, on s’est fait les jambes pour monter dans la citadelle, entourée d’énormes contreforts. Le port en contrebas est aussi beau. Certains restaurants au port sont ultra luxueux (il vaut mieux vérifier les prix avant de s’y engager).

Excursion aux îles Lavezzi – Cavallo

Au départ de Bonifacio, nous avons fait une super excursion en bateau. Notre guide, à l’humour fleuri, nous a présenté d’abord les yachts des « sdf = sans difficulté financière » à la sortie du port. Nous avons ensuite pu admirer les falaises de Bonifacio, ainsi que l’escalier du roi Aragon.

Dans l’archipel des îles Lavezzi, on entre dans une autre dimension avec la découverte de l’île Cavallo, un repère de milliardaires (~70 maisons). Parmi les familles reconnues, on compte Caroline de Monaco, Bill Gates, Jack Daniels et la famille Beretta (vendeurs d’armes). Si vous souhaitez investir, la résidence secondaire du Roi Emmanuel-Philibert de Savoie est en vente pour la bagatelle de 18 millions d’Euros.

Plages de Santa Giulia et Palombaggia

Ce sont les plages les plus connues de Porto-Vecchio, avec de grandes bandes de sable, pas trop bondées et propres (du moins en septembre). Pour Santa Giulia, comptez 10 Euros la journée. Ce qui peut être avantageux si vous comptez rester plusieurs heures. Des bars et restaurants permettent de manger et prendre un apéritif, avec la mer en paysage.

La plage de Palombaggia est plus lointaine, il faut emprunter une route sinueuse en anticipant les chauffeurs qui roulent au milieu de la route. Elle est plus petite et tranquille que celle de Santa Giulia.

Paumés à l’Ospedale

Pour changer de la mer, nous sommes allés marcher dans la montagne. L’office du tourisme nous a fourni une carte pour une petite randonnée de 4km, jusqu’à un point de vue sympa. Le point de départ est Cartavalone, à côté du village de l’Ospedale. En effet, les flancs de la montagne offrent un splendide panorama sur la baie de Porto-Vecchio.

Si la vue était belle, la marche de 4km tirait en longueur. « Long story short, » nous avons raté un panneau à une intersection et nous nous sommes écartés du chemin vers le « Rocca de la Vacca Morta ». Cette mésaventure nous a au moins permis de faire la connaissance de sympathiques Bretons.

Restaurant « Casa Santini »

Nous sommes allés manger dans l’établissement où Benjamin avait travaillé pendant une saison. La superbe terrasse donne sur le grand bleu, on sent le bon air marin. Si les plats et le vin sont très bons, il y a des sacrés courants d’air. Nous avons sympathisé avec la sommelière, qui nous a recommandé le domaine de Torraccia, dont nous avions adoré le vin blanc, un « Allegria ».

Domaine de Torraccia

A une vingtaine de minutes de voiture de Porto-Vecchio, nous sommes arrivés en pleines vendanges dans ce domaine d’une quarantaine d’hectares. Une dame bilingue fort sympathique nous a fait découvrir les crus du domaine. Entendant que ma famille fait du vin en Suisse, elle nous a recommandé d’aller voir les vignes, à 10 minutes à pied de là. Le panorama sur les vignes et la mer valaient de couvrir mes sandales de sable !

Dernier arrêt : Bastia (Nord-Est)

Ville portuaire d’environ 47’000 habitants, elle est la deuxième ville plus peuplée de l’île. On a beaucoup aimé le Musée de Bastia, installé dans le Palais des Gouverneurs. L’histoire de Bastia y est racontée à travers des tableaux, des objets et vidéos. Parmi les thématiques présentées, la conquête Génoise, la résistance des Corses dans le maquis. On y apprend que la Corse n’a jamais eu d’armée, mais a fait la résistance contre les Génois et la France en mode guérilla, où chaque habitant pouvait devenir un soldat. Une exposition temporaire présente le lien de la Corse avec le Maghreb.

A la fin de la visite, on sort dans les jardins suspendus qui offrent une vue incroyable sur la ville.

Derrière le port, à 5 minutes de marche, la place Saint-Nicolas est entourée de jolis restaurants et bars. La statue de Napoléon veille sur la ville et un ancien sous-marin reste un témoin de la deuxième Guerre Mondiale.

☕Les cafés du matin sur le vieux port vont nous manquer !

En conclusion, nous avons adoré la Corse. Nos coups de cœur du voyage sont les villes de Calvi et Porto-Vecchio. Nous reviendrons volontiers, pour découvrir le Cap Corse, tout au nord.

Merci pour votre lecture !

Références

Excursions aux îles sanguinaires, agence Nave Va, Ajaccio

Maison de Napoléon (Malmaison), Ajaccio

Musée Fesch, Ajaccio

Hôtel Casa Santini , Porto-Vecchio

Domaine de Torraccia , Porto-Vecchio

Musée de Bastia, Palais des Gouverneurs, Bastia

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